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  • Camille
  • Le blog de Camille
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  • Erasmus Suède Umeå
  • Etudiante en 2ème année à Sciences Po Bordeaux exilée en plein pôle nord de son plein gré.

Présentation

Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /Août /2009 00:56

    



                  Vous pouvez m’appeler la déserteuse, la chanceuse ou la cinglée, c’est comme vous voulez. Là-bas on m’appellera probablement la frenchy, l’erasmus ou le bébé (l’année Erasmus se fait rarement dès la deuxième année et étant native du mois d’octobre… je serai loin de leur majorité). En même temps, je m’apprête à faire le voyage de ma vie alors cela m’est bien égal.

                  Ici, sera donc narrée ma vie Erasmus, pour toi petit 1A qui rêve de prendre ma succession à Umeå pour l’année 2010/2011, ou même pour toi camarade sciences poteur de la conf 4 ou d’ailleurs.  Pour toi, évidemment, insupportable petite sœur, et pour vous mes géniteurs et éléments rattachés. Ceci marche aussi pour toi, ami du lycée plus ou moins perdu de vue, qui admire mon opportunité, et pour toi aussi, handballeur/euse du Zaï, des NR ou des Hand’aloozes. Enfin, il se peut que se soit aussi pour les trois insupportables fidèles au blog qui m’ont obligée (pas d’alternative possible, à part économique) à tenir celui-ci (sans vouloir citer la Pasquier, la Dufrene et le Feldstein). Ou même tout simplement pour toi, petit curieux du net.








             Je m’apprête donc à partir 9 mois en immersion totale dans ce qui fut le pays des Vikings et des histoires de trolls. L’étendue gelée  au drapeau jaune et bleu et aux Ikea assortis. Le pays des mangeurs de krisprolls, de steaks d’élan et des accros aux fika. Le pays des buveurs de vodka Absolut (disponible dans tous les systembolaget et sur présentation de la carte d’identité) et des « Skål » ! Le pays où circulent des Saab©, des Volvo©, et des belles blondes. Le pays des lacs au bleu profond, des mètres de neige 6 mois par an, et du hockey sur glace (puisqu’il se fond dans le décor). Le pays de toutes les célébrités : Alfred Nobel, Anders Celsius ou encore  Magnus Wislander (link).  Bref, vous l’aurez compris, la Suède sera mon pays d’accueil 9 mois durant.













Sverige, I am coming !



















Et il paraît même qu’après un "sauna/saut dans la neige/sauna/saut dans la neige", il est possible qu’on me propose un « frozen barbecue ». Un barbeuk par – 10°C, c’est ça qu’est bon !








Par Camille
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 22:03

          
            Mes valises enfin bouclées, après un Tetris géant muni d’une balance pour aliments (le premier permettant de tout renter dans la valise, et la seconde, que la valise n’excède pas trop les 20kg), me voilà lancée pour la Grande Aventure. Direction l’aéroport de Bordeaux/Mérignac : so chic ! Premier point de chute : un chewing-gum stupidement jeté par un de ces gros cons de bordelais : so glam ! "So chic and so glam" donc, mais avec dignité, je me dirige vers mon AF7629.


            Pas de trou d’air notable ou de coup de foudre, seules quelques erreurs langagières : « préparez-vous pour le décollement »  suivi d’un (une heure après) « nous entrons en phase d’atterrissement » du pilote. Trois hypothèses nous sautent ainsi aux yeux :

1) le pilote est "drunk" (ou comment mettre à l’aise les passagers),

2) le pilote n’a jamais eu sa JAPD (ou comment échouer lamentablement au test du coloriage des noyaux d’olives),

3) le pilote aime les paris (ou comment avoir une hypothèse qui tienne la route).

Ainsi, après un « décollement » plein de quérozène et un « atterrissement » sans applaudissements, voilà venu le deuxième point de chute : le métro parisien.





Une fois de plus, pas d’aventure épique. Juste des chaussures en plastique genre « je vais ramasser des moules à l’ile d’Oléron » aux pieds d’un citadin, le sosie de Matt Pokora mais avec Parkinson, et un t-shirt à l’effigie du FN (le fameux : Famille Nombreuse du « Maghreb United »).




Ainsi, après une nuit parisienne et quelques tictacs acidulés, l’aéroport Charles De Gaulle  s’ouvre à moi. Seulement, pas de discours de Bayeux, pas de Libération de Paris, pas de 1968 et pas de plébiscite. Même pas de Super Nanny en Djellaba ! Rien de bien palpitant donc. « Just wait » était le mot d’ordre en salle d’embarquement. L’occasion de tendre l’oreille dans ce tourbillon linguistique que j'ai surnommé « ma mini tour de Babel ».  Ainsi, deux anglais discutent derrière-moi. En tant que bonne future bilingue je tente donc de suivre la conversation. Je ne comprends pas un traitre mot de ce baragouinage… Ils sont en fait tout simplement… français. Honteuse de mon incapacité auditive et déductive, je me lance donc dans une nouvelle mission : me mettre dans la peau de Sherlock Holmes. L’ayant étudié pendant plus d’un an en 3ème, il me semble aisé de revêtir ce costume pour tenter de trouver les personnes susceptibles de se rendre à Umeå (le Norrland c’est pas donné à tout le monde). Doudoune verte repérée à ma gauche. Ladite doudoune parle français. Elle se jette ensuite dans les bras d’un individu en polaire. C’est gagné ! There are going to Umeå.




Trêve de plaisanteries, un Donell Douglas m’attend, et avec lui, l’acclimatation version « Scandinavian Airlines » : une clim poussée à l’extrême, pour se mettre dans le bain. De quoi regretter d’avoir laissé les bonnets et écharpes en soute. C’est donc toute chair de poulée (ahah) que j’ai survolé la Mellouet, que j’ai survolé le Bonnamy, que j’ai manqué de peu d’atterrir dans les arbres.




           S’amorce par la suite (et pour terminer) la découverte d’une nouvelle discipline (bientôt olympique) : le porté de valise. Les français tentant de briller dans ce domaine, c’est donc en groupe de 4 que nous nous sommes déplacés. Epreuve : transport de 30kg (répartis en 2 valises) + un ordinateur + un sac à main, de l’International Housing Office à Alidhem (logement universitaire). Coût de l’opération : deux bras et une épaule. Ce n’est donc pas sur le suédois qu’il fallait que je me concentre avant de venir, c’était sur la musculation !

Bref.  Bien arrivée à destination.


   



Et j’aurais aussi pu résumer avec un RAS (Rien A Signaler).
Mais, en fait, non, je pouvais pas.

Par Camille
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 14:02


Ici comme ailleurs, l'instinct de survie règne, et peut se faire sentir à toute heure du jour comme de la nuit. Ainsi, c'est au bord de la famine et à deux doigts d'une crise d'hypoglycémie (n'ayant rien avalé depuis 1h et 45 minutes déjà) qu'Etienne, Romain et Camille (les gros cons de français) décidèrent de se réunir "to eat together".








La "common kitchen" de notre historien de l'art se proposa alors tout naturellement, et les affamés prirent possession des lieux, se jetant sur toutes les denrées comestibles... quoi que... pas toutes.
















Extrêmement attirés par le placard de Peng Yue (the chinese one) ces derniers se ravisèrent cependant et décidèrent de s'accomoder des restes de Roudoudou (the french one). Ainsi, après une brève réflexion et quelques mélanges, la mixture était prête : de la pâte à pancake tabernacle (une petite pensée pour le Ménadier) !








L'idée était simple : faire des pancakes burgers !












1°) Beurrer la poêle à souhait (not too much, not too less, just right).














2°) Verser la pâte à pancakes dans la poêle en tentant de faire des ronds de 8,61 cm de diamètre (ou, jeter une louche sauvagement et voir ce que ça donne).
















3°) Rater le premier pancake (et pas qu'à moitié !)















4°) Prendre la main et pourquoi pas tenter de faire cuire les oignons et les steaks en même temps (il est conseillé aux cas sociaux de ne faire qu'une seule chose à la fois).
















5°) Déposer avec grace un pancake dans le fond de l'assiette (trois coloris disponibles) puis le steak (palichon de préférence pour ne pas trop complexer la population locale) et rajouter comme un barbare les oignons sur le dessus (le côté barbare est là pour la présentation).














6°) Recouvrir le tout avec un deuxième pancake et votre pancake burger est prêt !












Temps estimé : le temps de faire cuire les pancakes, le steak, les oignons, de couper les tomates et d'assembler le tout.
Difficulté : maîtrise de la technique dite "du barbare" indipensable et diplôme de l'assembleur de restes vivement conseillé.
Le + : il est possible de réserver quelques pancakes pour le dessert (idéal pour une pancake party !)
Label : Recette non testée mais bientôt approuvée par Jamie Oliver.


Et le pire c'est que c'était bon !

Par Camille
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 16:52

Décryptage.


Observations, mythes, anecdotes, je prends le tout pour vous et je l’analyse pour vous (voyez comme je me donne).






Premièrement : le suédois est blond, et ceci n’est pas qu’une caricature. Suédois comme suédoise, la blondeur est de rigueur. Nourrisson comme vieux croutons, le jaune est uniforme. C’est à se demander ce que décident les parents si leur enfant naît brun. Une couleur ? Un abandon ? Un envoi au goulag ? Et s’il naît noir ?… Je ne préfère pas savoir !

Deuxièmement : le suédois est calme et patient. « Relax ! Take it easy ! ». Ainsi, le suédois ne dépasse jamais (ô grand jamais) les limitations de vitesse. Si une voiture devant lui roule lentement (ce qui représente 80% des véhicules en circulation) il ne va surtout pas la dépasser (ô grand jamais), il préfèrera se mettre à son rythme. De même, si un piéton marche en plein milieu de la route, il ne va pas klaxonner (ô grand jamais), il attendra que le piéton se décale (et si t’es du genre « piéton qui écoute ton i-pod » et ben il peut attendre longtemps le bonhomme ! ). Pour poursuivre dans cette logique, le suédois ne rechigne pas lorsqu’il doit attendre une demi-heure à la photocopieuse (et croyez-moi, la française que je suis a eu envie de les remuer plus d’une fois), ni même au très international Mc Donald. Ce qui est une grande chance d’ailleurs, puisqu’il se trouve que le suédois de base n’est pas du genre « rapide ». Il est clair qu’au fast food ton hamburger sera fait avec autant de soin qu’un foie gras poêlé dans un quatre étoiles !

Troisièmement : le suédois ne se laisse pas envahir par ses émotions, il est plutôt du genre stoïque (et pas si loin du stoïcisme d’Epictète). Ainsi le suédois ne va pas se rependre en compliments et niaiseries verbales (excepté Ulrica Bach). Et encore moins en sourires crispés ou forcés. Le sobre est de rigueur. Ainsi, lors d’une altercation le suédois reste discret. Exemple : un cycliste s’engage sur un passage piéton alors qu’un automobiliste continue son trajet sans faire mine de ralentir (situation rare, j’y consens). Les deux freinent et s’arrêtent (de justesse) à temps. Pas de coup de klaxon du conducteur (non !),  juste un doigt d’honneur (pour les plus effrontés des suédois, sinon une moue suffit). Quand au cycliste, aucune insulte (non !), un « je fais semblant de jeter mon vélo contre ta voiture mais pas trop quand même pour pas te faire peur » suffit. C’est ce que l’on appelle une altercation musclée en Suède.

Quatrièmement : le suédois n’est que confiance. Il fait confiance et a confiance. Ainsi, les vélos restent sans cadenas, les portes ouvertes, les cafés sont en libre service (bien que payants), les cartes d’identités jamais demandées lorsqu’un âge limite est requis (sauf dans les systembolaget, of course) et j’en passe et des meilleures. De même, lorsque tu dis quelque chose à un suédois, il te croit, tout bêtement. Alors que le bon français va s’empresser d’aller vérifier par lui-même qu'en effet,  la porte ne s’ouvre pas, le gentil suédois va, lui, essayer de trouver une solution pour ouvrir cette foutue porte sans même vérifier qu'elle est inouvrable. Une confiance aveugle donc et même bien plus; puisque le suédois joui également d’une confiance en lui hors du commun. Ainsi les tenues courtes (très courtes) ou moulantes (très moulantes) sont foisonnantes et il n’est pas rare de partager un sauna avec un banc de suédois(es) nu(e)s (pas de mixité ceci dit dans le sauna). La nudité ne les dérange absolument pas, et toi, en tant que bon français, tu les fais bien rire lorsque tu te débats avec ta serviette pour tenter de te rhabiller, ou lorsque tu cries parce que tu viens de te bruler le dos au 3ème degré en t’appuyant contre le mur du sauna.

Cinquièmement : le suédois se donne. Ainsi, lorsque tu demandes de l’aide à un suédois tu peux être sûr qu’il va te répondre par la positive. Tu peux entrer dans un supermarché et demander où est le discount le plus proche,  le suédois va te répondre cash : «vous allez tout droit sur 500m, puis à gauche, vous ne pouvez pas le louper il fait le coin de la rue » (de quoi remettre sévèrement en cause toutes tes théories sur la concurrence). De même, si tu demandes à un passant l’arrêt de bus pouvant te conduire à l’ICA maxi (notre Auchan Lac bordelais quoi) tu peux être sûr qu’il va se donner à 300% : et v’là que la petite dame va déchiffrer le panneau pour toi, et v’là qu’elle va demander à son fils s’il sait (fils de 4 ans, mais ici, la confiance fait qu’il a déjà du prendre le bus seul), et v’là qu’elle va arrêter le premier bus venu pour demander en personne au chauffeur (et en suédois, s’il vous plaît). Bref, bien loin de nous autres, cons de français !

Sixièmement : le suédois ne veut pas heurter ta sensibilité. Ainsi le suédois te laisse dans ta merde le plus possible. Exemple : si tu te rétames dans la rue, sache que le suédois ne viendra pas t’aider ou prendre de tes nouvelles, car il considère que tu as déjà assez honte comme ça et que s’il venait t’aider cela enfoncerait le couteau dans la plaie (une accumulation de honte quoi). Et c’est là que tu te demandes s’il vaut mieux mourir vidé de son sang ou mourir de honte… Le suédois ne veut pas heurter ta sensibilité donc mais il ne faut surtout pas que tu heurtes la sienne non plus. Ainsi, le suédois vit en permanence avec un périmètre de sécurité autour de lui. La bise, tu oublies. Un « hej » accompagné d’un signe de main suffit (avec un sourire pour les plus extravertis des suédois). De même, les « je te saute dans les bras » sont proscrit, « nice to meet you » suffit amplement. Le suédois a besoin de son espace vital. Pour mesurer ce dernier, étendez vos bras de part et d’autre de votre corps et faites un tour sur vous-même. Vous avez le périmètre tracé autour de vous. Oui, je vous l’accorde, il doit être difficile pour un suédois de vivre à Beijing. Et oui, plus techniquement parlant, il doit être difficile pour un suédois de prendre l’ascenseur.




              Bref !
To put it in a nutshell,  le suédois est un être complexe et paradoxal. Froid au premier abord (comme son beau pays) il s’avère ouvert et serviable une fois amadoué.
Et tu finiras par te rendre compte qu’il n’y a rien de tel qu’un fika avec des pâtisseries aux blueberries concoctées par des suédois !

Par Camille
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 01:17

Carrosserie pétillante à l'accent féminin, cette bicyclette a de quoi redonner des couleurs aux longues nuits suédoises.



Rétropédalage, idéal pour se retrouver dans le fossé. Couleur rose, idéale pour repérer son vélo aux milieux des millions qui peuplent la fac. Lumières avant et arrière, idéales pour ne pas se manger une amende de 120 euros. Cadenas, idéal pour être sûr de retrouver son vélo à l'endroit où on l'avait laissé. Trois vitesses : la première étant idéale pour être sûr de monter la côte et non pas la redescendre, la deuxième étant idéale pour ne pas avoir à pédaler dans la semoule mais sans avoir à fournir un effort type "3fois500 avec le vent de face" non plus, et la troisèment étant idéale pour finir avec des grosses cuisses. Possibilité d’assise à l’arrière du véhicule (monoplace et surcharge inférieure à celle de Marianne James, de préférence). Possibilité, par la même occasion, de transporter sac ou colis sur l’arrière-train de la bête. Et, last but not least, repose cul agréable (pas top moumoute, mais agréable) à protéger des intempéris (parce qu'arriver le cul trempé genre "j'ai des problèmes d'incontinence" à ton seminar c'est un peu ternir l'image de la France).

 



C’est donc ma bécane, mon bolide, mon estafette, mon deux roues, mon vélocipède, ma fourche (mais pas carbone), bref, ma nouvelle Opel Corsa !  Et vous l’aurez compris, à Umeå c’est « jamais sans mon vélo » (et ceux qui prononcent correctement remarqueront la rime).


Bref. Adoration de Mathilde Pasquier, régulièrement portée par Alexandre Quinet, couleur du PS et accessoirement de la panthère… le rose s’impose.

Oui, Camille Mansencal a un vélo rose.


Et chaque matin, en enlevant le cadenas pour aller à la fac, elle se gratouille vite fait le coude, histoire de dire « je suis toujours allergique » de peur que le « I enjoy it » ne finisse par la désensibiliser...

 

Par Camille
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