Dimanche 6 septembre 2009
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Décryptage.
Observations, mythes, anecdotes, je prends le tout pour vous et je
l’analyse pour vous (voyez comme je me donne).
Premièrement : le suédois est blond, et ceci n’est pas qu’une caricature. Suédois comme suédoise,
la blondeur est de rigueur. Nourrisson comme vieux croutons, le jaune est uniforme. C’est à se demander ce que décident les parents si leur enfant naît brun. Une couleur ? Un abandon ?
Un envoi au goulag ? Et s’il naît noir ?… Je ne préfère pas savoir !
Deuxièmement : le suédois est calme et patient. « Relax ! Take it easy ! ». Ainsi,
le suédois ne dépasse jamais (ô grand jamais) les limitations de vitesse. Si une voiture devant lui roule lentement (ce qui représente 80% des véhicules en circulation) il ne va surtout pas la
dépasser (ô grand jamais), il préfèrera se mettre à son rythme. De même, si un piéton marche en plein milieu de la route, il ne va pas klaxonner (ô grand jamais), il attendra que le piéton se
décale (et si t’es du genre « piéton qui écoute ton i-pod » et ben il peut attendre longtemps le bonhomme ! ). Pour poursuivre dans cette logique, le suédois ne rechigne
pas lorsqu’il doit attendre une demi-heure à la photocopieuse (et croyez-moi, la française que je suis a eu envie de les remuer plus d’une fois), ni même au très international Mc Donald. Ce qui
est une grande chance d’ailleurs, puisqu’il se trouve que le suédois de base n’est pas du genre « rapide ». Il est clair qu’au fast food ton hamburger sera fait avec autant de soin
qu’un foie gras poêlé dans un quatre étoiles !
Troisièmement : le suédois ne se laisse pas envahir par ses émotions, il est plutôt du genre
stoïque (et pas si loin du stoïcisme d’Epictète). Ainsi le suédois ne va pas se rependre en compliments et niaiseries verbales (excepté Ulrica Bach). Et encore moins en sourires crispés
ou forcés. Le sobre est de rigueur. Ainsi, lors d’une altercation le suédois reste discret. Exemple : un cycliste s’engage sur un passage piéton alors qu’un automobiliste continue son trajet
sans faire mine de ralentir (situation rare, j’y consens). Les deux freinent et s’arrêtent (de justesse) à temps. Pas de coup de klaxon du conducteur (non !), juste un doigt d’honneur (pour les plus effrontés des suédois, sinon une moue suffit). Quand au cycliste, aucune insulte (non !), un « je fais semblant
de jeter mon vélo contre ta voiture mais pas trop quand même pour pas te faire peur » suffit. C’est ce que l’on appelle une altercation musclée en Suède.
Quatrièmement : le suédois n’est que confiance. Il fait confiance et a confiance. Ainsi, les vélos
restent sans cadenas, les portes ouvertes, les cafés sont en libre service (bien que payants), les cartes d’identités jamais demandées lorsqu’un âge limite est requis (sauf dans les
systembolaget, of course) et j’en passe et des meilleures. De même, lorsque tu dis quelque chose à un suédois, il te croit, tout bêtement. Alors que le bon français va s’empresser d’aller
vérifier par lui-même qu'en effet, la porte ne s’ouvre pas, le gentil suédois va, lui, essayer de trouver une solution pour ouvrir cette foutue porte sans même vérifier qu'elle est
inouvrable. Une confiance aveugle donc et même bien plus; puisque le suédois joui également d’une confiance en lui hors du commun. Ainsi les tenues courtes (très courtes) ou moulantes (très
moulantes) sont foisonnantes et il n’est pas rare de partager un sauna avec un banc de suédois(es) nu(e)s (pas de mixité ceci dit dans le sauna). La nudité ne les dérange absolument pas, et toi,
en tant que bon français, tu les fais bien rire lorsque tu te débats avec ta serviette pour tenter de te rhabiller, ou lorsque tu cries parce que tu viens de te bruler le dos au 3ème
degré en t’appuyant contre le mur du sauna.
Cinquièmement : le suédois se donne. Ainsi, lorsque tu demandes de l’aide à un suédois tu peux être
sûr qu’il va te répondre par la positive. Tu peux entrer dans un supermarché et demander où est le discount le plus proche, le suédois va te répondre cash : «vous allez tout droit sur 500m, puis à gauche, vous ne pouvez pas le louper il fait le coin de la rue » (de quoi remettre
sévèrement en cause toutes tes théories sur la concurrence). De même, si tu demandes à un passant l’arrêt de bus pouvant te conduire à l’ICA maxi (notre Auchan Lac bordelais quoi) tu peux être
sûr qu’il va se donner à 300% : et v’là que la petite dame va déchiffrer le panneau pour toi, et v’là qu’elle va demander à son fils s’il sait (fils de 4 ans, mais ici, la confiance fait qu’il a
déjà du prendre le bus seul), et v’là qu’elle va arrêter le premier bus venu pour demander en personne au chauffeur (et en suédois, s’il vous plaît). Bref, bien loin de nous autres, cons de
français !
Sixièmement : le suédois ne veut pas heurter ta sensibilité. Ainsi le suédois te laisse dans ta
merde le plus possible. Exemple : si tu te rétames dans la rue, sache que le suédois ne viendra pas t’aider ou prendre de tes nouvelles, car il considère que tu as déjà assez honte comme ça
et que s’il venait t’aider cela enfoncerait le couteau dans la plaie (une accumulation de honte quoi). Et c’est là que tu te demandes s’il vaut mieux mourir vidé de son sang ou mourir de
honte… Le suédois ne veut pas heurter ta sensibilité donc mais il ne faut surtout pas que tu heurtes la sienne non plus. Ainsi, le suédois vit en permanence avec un périmètre de sécurité
autour de lui. La bise, tu oublies. Un « hej » accompagné d’un signe de main suffit (avec un sourire pour les plus extravertis des suédois). De même, les « je te saute dans les
bras » sont proscrit, « nice to meet you » suffit amplement. Le suédois a besoin de son espace vital. Pour mesurer ce dernier, étendez vos bras de part et d’autre de votre corps et
faites un tour sur vous-même. Vous avez le périmètre tracé autour de vous. Oui, je vous l’accorde, il doit être difficile pour un suédois de vivre à Beijing. Et oui, plus techniquement parlant,
il doit être difficile pour un suédois de prendre l’ascenseur.
Bref !
To put it in a nutshell, le suédois est un être complexe et paradoxal.
Froid au premier abord (comme son beau pays) il s’avère ouvert et serviable une fois amadoué. Et tu finiras par te rendre compte qu’il n’y a rien de tel qu’un fika avec des pâtisseries aux blueberries concoctées par des
suédois !